L’AOI aujourd’hui

L’AOI est reconnue d’utilité publique depuis le 1er septembre 2017 par décret du 3 septembre.

Avec plus de 30 ans d’expérience sur le terrain dans des pays à situations différentes (Haïti, Afrique francophone, Asie du sud-est), le positionnement de l’AOI est d’accompagner et de faciliter, l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation de stratégies innovantes en santé publique orale.

Un autre aspect est de permettre que le travail en cours se concrétise en actions reconnues et intégrées dans les politiques nationales et régionales de santé des pays concernés. L’AOI travaille dans les domaines de la formation, de la prévention (accès au fluor), de l’accès aux soins, de la sécurité des soins, de la capitalisation

d’expérience et de l’éducation au développement. Elle s’appuie sur des réseaux de compétences internationaux (universités, institutions, ONG, entreprises).

L’AOI a développé en France un programme d’éducation au développement auprès de la

profession dentaire (40 000 chirurgiens–dentistes) et des entreprises du secteur dentaire.

Une recherche de fonds innovante avec les opérations « cabinets solidaires »  et « entreprises partenaires » qui permet à l’association d’augmenter ses fonds propres et ainsi de garantir les engagements dans les cofinancements de projets, d’initier des analyses de situation et d’assurer le suivi des projets une fois les cofinancements terminés. L’AOI a effectué un audit interne qui a débouché sur l’adoption d’un plan stratégique.

L’association compte 380 adhérents et 1500 donateurs. Le conseil d’administration est composé de 15 membres. L’association est membre de l’Association dentaire française (ADF), du CRID, du F3E, de Coordination sud et du INGO Network au Laos.

Le « Cabinet du Sourire » une réalité

logo-cabinet-du-sourireCe projet a vu le jour, suite à une proposition de Pierre Jahan, ingénieur en maintenance dentaire,  pour faire face à la situation observée au cabinet dentaire de l’ONG SOE  à Port au Prince. Il ne disposait que  d’un équipement à « bout de souffle » mais d’aucun moyen  financier pour le remplacer. Suite à une formation à la maintenance, il va mettre en contact le SOE et un fabricant Italien( CEFLA) pour le remplacer.

Apres de nombreux échanges entre CEFLA, le SOE et l’AOI  par l’intermédiaire de Pierre, l’entreprise offre un équipement ANTHOS et prend le transport de Gênes à Port-au-Prince en charge. Le dédouanement et l’installation seront financés par le SOE. Le succès du  financement  participatif   «  La clinique du sourire »  sur la plateforme Ulule  permet de recueillir les fonds pour l’installation, les travaux d’aménagements et le  renouvellement de l’instrumentation dentaire.

Cabinet Port au Prince sept 2017En février 2016, le fauteuil et l’unit arrivent à Port au Prince.  Après maintes difficultés,   ce n’est qu’en mai 2017 qu’il est procédé à l’installation et la formation à l’entretien et la réparation de l’unit. Avant l’installation du fauteuil, il a fallu redresser la pente des tuyaux d’évacuation des eaux usées au sol, changer les connections des tubes de PVC entre eux  ainsi que  le sol de la clinique L’équipement a été installé en 4 jours, en tenant compte  des imprévus, du retard et de la disponibilité des techniciens. C’est un équipement robuste.

2 Haiti sept 2017 cabinet du sourireUn meuble incluant un lavabo, la peinture refaite, la redistribution des ouvertures de la salle pour un fonctionnement plus pratique, les luminaires changés et l’électricité révisée ont complété le réaménagement de la clinique.

Aujourd’hui, l’espace  du cabinet est agréable et fonctionnel. Le travail y est rendu plus facile grâce à la qualité du matériel et l’agencement de la salle. Les patients sont nombreux à apprécier ces changements nommés « progrès » en créole.

Nous remercions  tous  ceux qui ont participé à cette belle entreprise.

Dr Françoise PONTICQ (responsable de la clinique pour le SOE)

Le 16-09-2017

Haïti, le Cabinet du Sourire : Participez !

logo-cabinet-du-sourire A Port au Prince, le cabinet dentaire du SOE, où exerce le Dr Françoise Ponticq, fait partie des rares structures qui offrent des services de qualité à prix accessibles pour la population. L’AOI depuis plusieurs années contribue à son fonctionnement dans de bonnes conditions tant technique que d’accueil des patients. Le constat est toutefois sans appel : la vétusté de ce service et le matériel à bout de souffle nécessitent impérativement une remise à niveau. Alertée sur la situation, la société CEFLA, par l’intermédiaire de Pierre Jahan[1], a offert un fauteuil neuf de marque Anthos d’une valeur de 25000 € ainsi que les frais de transport jusqu’à Port-au-Prince.

bandeau-img-cabinet-sourire-ulule-v3Le fauteuil est sur place, mais il ne peut être installé sans un minimum de travaux et de renouvellement de petite instrumentation et de produits consommables pour un coût montant total  de 14850 €. Le financement se fait en 4 étapes comme indiqué dans le schéma ci-dessous. Il est important de savoir que le passage aux étapes successives ne se fait que dans la mesure où la précédente a été financée. Ce qui signifie, par exemple, que dans le cas où l’étape 1 qui nécessite 3550 € n’est pas atteinte, il ne sera pas possible de passer à l’étape 2 et les comptes des donateurs ayant participé à cette première étape ne seront pas débités.

schema-finances-cabinet-sourire

Comment participer  ?

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slider-cabinet-sourire-site-aoi



[1] Pierre Jahan travaille depuis plusieurs années avec l’AOI et a formé les techniciens de maintenance Haïtiens. Il est prêt à se rendre sur place pour installer le nouveau fauteuil.

Haïti de catastrophes en catastrophes

Haïti cyclone Une nouvelle catastrophe vient de dévaster des pans entiers d’Haïti. Elle touche durement une population qui souffre encore des séquelles du tremblement de terre de 2010.

Alors, aujourd’hui, c’est pour elle que le Dr Françoise Ponticq témoigne pour le CDF et lance avec l’AOI un appel à dons.

Lire son témoignage dans le Chirurgien Dentiste de France n° 1725 d’octobre 2016

Haïti : le secteur santé et la santé dentaire

Françoise PONTICQ – Port au Prince, le 9 février 2015

 

rouch1La santé reste une priorité en Haïti, mais malgré des efforts : la  lutte contre les maladies vectorielles, contre le choléra, l`amélioration de la santé maternelle et infantile, les urgences, la route est encore longue à parcourir pour que toute la population voit ses besoins satisfaits.

LE SECTEUR SANTE

Le système public sanitaire ne répond pas à la demande : budget insuffisant, répartition géographique inégale, ruptures de stocks, personnel parfois insuffisamment formé et peu motivé, de nombreux obstacles dans l`ensemble du pays.

Après le séisme, l`afflux des ONG a permis de couvrir de nombreux besoins pendant un an et demi environ et des centres de soins étaient présents à de nombreux endroits du pays, doublés d`un personnel étranger, de gros budgets. Souvent ces structures fonctionnaient sans relations avec l`état ou trop peu pour que s`institue une passation de savoir-faire.

Peu à peu, la situation générale se normalisant, les ONG sont parties, ont réduit leur personnel et on a assisté à un manque de centres de santé répondant aux moyens économiques des gens,  à Port-au-Prince où vivent quelques 3 ou 4 millions d`habitants. Beaucoup d`ONG offrait la gratuité des soins.

Le Ministère de la Santé Publique fait des efforts, se structure et la coopération avec les organisations internationales appuie certains secteurs.

Comme toujours le secteur privé offre des soins de différentes qualité, mais le coût des soins, des examens, de l`hospitalisation et interventions chirurgicales est très élevé. D`autre part le service hospitalier public est insuffisant en quantité et en qualité.

LA SANTÉ DENTAIRE

L’accès aux soins est fortement limité par le coût des soins, la concentration des cliniques dentaires à Port-au-Prince et leur quasi absence en dehors des grandes villes de province.

De nombreuses  cliniques sont mal équipées, ne répondant pas aux normes établies en 2015.

Le service public est faible, centres d`extractions pour la plupart. Le Ministère de la Santé n`a toujours pas de représentation spécifiquement dentaire. La faculté d`état délivre environ 25 diplômes par an, ce qui est insuffisant. D`autres dentistes, formés à l`étranger (République Dominicaine, Mexique, États-Unis, Europe), pratiquent en privé, souvent sans équivalence. Le contrôle de la pratique dentaire ne peut donc être fait. De la même façon il est très difficile d`évaluer le nombre de praticiens évoluant sur le territoire.

Les « charlatans » vilipendés par les professionnels dentaires demeurent un alibi plutôt qu`une menace pour le secteur; ils existent certes mais surtout dans les zones exemptes de dentistes. Les auxiliaires dentaires, un dossier oublié ; s`il y a quelques années on en parlait comme alternative à la pénurie de dentistes en province, accompagnés d`un encadrement rigoureux, le sujet a disparu des préoccupations.

Il existe un personnel dentaire formé par des ONG- dont le SOE- et il y a eu des séminaires de recyclage jusqu`en 2008, mais depuis lors plus rien. Ce personnel travaille soit dans des cliniques privées, soit dans des centres de santé publics (rares) et ne sont pas soumis à des évaluations régulières.

L`association dentaire nationale existe toujours mais n`a aucune activité visible depuis bientôt 3 ans.

LE  SOE

La clinique du SOE offre toujours un service de soins dentaires, cela depuis les années 2000. Plusieurs chirurgiens-dentistes se sont succédés, actuellement nous sommes deux praticiens et une auxiliaire dentaire qui partageons le fauteuil du lundi au samedi midi.

La clinique a une fréquentation optimum, car les tarifs et la qualité des soins vont de pair. Même si les tarifs ont été révisés en juin 2014, ils représentent environ 1 /3 du tarif moyen ou 3 /4, selon les lieux (urbain et rural).

Nous effectuons toutes sortes de soins et de prothèses; cette dernière rubrique se limite aux prothèses en résine partielles et totales, aux stellites , aux couronnes métal, résine ou céramique. Nous envoyons la prothèse en République Dominicaine sauf pour la résine, faute d’avoir des prothésistes en Haïti. Le délai de fabrication et livraison est de 3 semaines.

Les problèmes rencontrés :

        L’usure de l’équipement qui a été acheté en 2008. Les finances du SOE ne permettront pas de le renouveler.

          Le manque de prothésiste en Haïti. Les délais sont longs et le suivi difficile.

L’activité de  2011 À 2014

2011

2012

2013

2014

Nouvelle
consultation

 

325

327

442

428

Consultation

 

1783

1646

2035

2380

Sexe

F

1213

1158

1400

1680

 

G

879

785

1080

981

Âge

0 à 6

3

2

9

7

 

7  à 12

42

50

47

44

 

13 à 25

193

97

233

489

 

26 à 45

994

1052

1146

882

 

46 et plus

862

770

874

1010

Actes

détartrage

396

451

488

476

 

extraction

196

154

144

162

 

obturation amg

90

102

76

90

 

obturation comp.

323

542

705

765

 

obturation radic.

74

62

71

31

 

radio

107

66

77

38

Prothèse

partielle

69

58

56

46

 

complete

2

1

5

 

couronne métal

3

21

 

couronne ceram

12

12

27

20

 

autre

4

12

40

35

 

Le nombre de nouvelles consultations oscille entre 20 et 22 % par an; les consultations augmentent mais ont atteint leur chiffre optimum.

Le sex ratio est autour de 1.5 au profit des filles.

Les tranches d’âge les plus représentées sont les 26-45 ans, 46 et plus, puis 13-25 ans.

Les obturations (composite et amalgame) sont les actes les plus courants, privilégiant les composites (5 à 6 fois plus que d`amalgames). Elles représentent  environ 50 % des soins, jusqu’ à 56 % en 2014.

Le détartrage, systématique chez un nouveau patient, correspond à la quantité de nouveaux patients annuels 34 % des soins. En diminution de 2011 à 2014.

Les extractions représentent 13 % des soins ;  en diminution de 2011 à 2014.

Les obturations radiculaires en moyenne 5 % des soins.

La prothèse partielle est la plus courante : 60 prothèses réalisées par an en moyenne, et 2 prothèses totales.

Les couronnes en céramique : 18 par an en moyenne.

Le service offert est réellement un service de soins, privilégiant les restaurations dentaires à l`extraction; cela varie selon les moyens du patient, mais nous encourageons à conserver les dents.

La prothèse, malgré son coût moins élevé qu`ailleurs reste une difficulté pour de nombreux patients (financière); nous n`avons pas les moyens de la subventionner.

Les recettes

Elles ont augmenté de 3 % en 2014 (par rapport à 2013), environ 28.688 US$. Les soins dentaires représentent 78 % des recettes (le reste est apporté par l’optométrie).

Les salaires représentent 56 % des dépenses, les dépenses dentaires (sans apport en matériel AOI) 9 % des dépenses, 6 % des dépenses pour l’ achat de montures et verres de lunettes. L’électricité représente 15 % des dépenses.

Cette année les dépenses et recettes s’ équilibrent sans faire de bénéfice ; il reste donc difficile de prévoir l’usure du matériel et son remplacement.